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Freitag, 15. Oktober 2004
Marc Sageman, spécialiste du terrorisme international
01:15h — ‹cold war's not cooling down›
Avez-vous fait part de vos conclusions optimistes auprès de responsables américains ?
Oui. Certains d'entre eux les analystes sont d'accord avec moi. D'autres non, pour des raisons que je pense politiques. L'administration a fait savoir qu'Al-Qaeda avait réussi à conserver «certains éléments de son commandement centralisé». Est-ce possible ?Al-Qaeda est un mouvement social, pas une organisation hiérarchique. Il y a toujours eu une volonté de communiquer, d'envoyer des messages, par cassettes vidéo ou audio... Mais cette volonté ne se traduit pas sur le terrain. Les attentats de Madrid, de Casablanca ou d'Istanbul ont été entièrement conçus, planifiés et réalisés au niveau local. Aucun ordre n'est venu d'une instance centrale. [...]Ces groupes éclosent-ils plus facilement en Europe qu'aux Etats-Unis ? C'est l'impression que j'ai. L'intégration est un vrai problème en France, en Espagne, en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Aux Etats-Unis, l'adaptation est plus facile, parce qu'il y a du mouvement . On peut grimper l'échelle sociale.Comment faire pour réduire les risques de voir se multiplier ces cellules ? Il faut changer la politique étrangère des Etats-Unis, qui met en colère les Arabes . Ceux-ci ne voient que la guerre en Irak, le soutien à Israël ou l'appui aux tyrans de leurs pays. Les terroristes sont des gens qui, au départ, cherchent à se raccrocher à une utopie, qui rêvent d'une société juste et sans exclus. Autrefois, le communisme fournissait une telle utopie. Maintenant, c'est l'utopie salafiste, que représente Al-Qaeda, qui remplit le vide. Il faut donc substituer à cette utopie une autre, juste, mais qui puisse cohabiter en harmonie avec la culture de l'Ouest. - Pascal Riche, «Al-Qaeda, mouvement social, mais pas groupe hiérarchisé», LibérationQu'est-ce qui relie en effet le «case officer» pour la CIA en Afghanistan, l'expert-psychiatre libéral de Philadelphie, l'homme de gauche anti-Bush, le pilote d'avion chez les marines, le docteur en médecine de l'université de Harvard et l'adolescent solitaire du Marais à Paris ? Aujourd'hui, les réponses sont possibles. Sageman parle un délicieux français parce qu'il a vécu en France de 4 à 14 ans. Sa mère a survécu au ghetto de Varsovie. Son père à la déportation. Réfugiés polonais, ils vivotent dans la confection. Lycée Turgot jusqu'en 4e. «Un assez bon souvenir», dit Marc. Pas d'argent. A l'époque, New York semble moins cher. «L'oncle d'un oncle» les fait émigrer à North Brooklyn. «Une adaptation assez difficile», euphémise Marc. Pour dire qu'il excelle à l'école, il dit : «Je me débattais.» Harvard quand même. Il y dévore Camus avec un faible pour l'Homme révolté qui proclame que «le seul problème moral vraiment sérieux, c'est le meurtre». Médecine et sociologie en même temps. Panser le matin, penser le soir. «J'étais complètement schizophrène. Le matin, on se demandait comment arrêter une hémorragie. Le soir, en sociologie, on se demandait avec des airs inspirés : mais au fond qu'est-ce que ça signifie le sang ?» Il boucle une thèse sur le «dyadic support», le soutien mutuel entre survivants de l'Holocauste. «Mes parents n'ont jamais parlé de la Shoah. Ma thèse était clairement une manière indirecte de leur parler.» Il garde de ces années universitaires une malicieuse défiance pour toute forme de spéculation intellectuelle. Il se moque des psychanalystes, français notamment. Les avions-phallus suicidaires lancés dans les vagins-twin le hérissent. Enfant, il a collectionné des milliers d'avions en fiches. Pour exaucer ce rêve, il abandonne la médecine classique, devient chirurgien de vol chez les marines. Dès lors, le «psy», intello rigide des cercles de gauche new-yorkais, se transforme en «spy», homme d'action en zone de guerre. Il apprend à piloter sur un T34 C, à moteur rotatif. Conquérir sa peur. Se sentir sans contrôle quand l'avion vrille. Au neuvième vol à Pensacola, en Floride : «On coupe le moteur. On pique comme ça, tout droit. On ne peut pas se redresser avant trois rotations à 10 000 pieds d'altitude. Là, on voit vraiment sa mort.» Ce goût du frisson-action le fait s'engager à la CIA. Le génocide khmer l'a scandalisé. L'invasion soviétique en Afghanistan itou. «1,5 million de morts, 7 millions de personnes déplacés, pour seize millions d'habitants, ça s'appelle comment déjà ?» Il trouve que les Etats-Unis n'en font pas assez. Il prend directement contact avec «l'agence». Clandestinité totale. Il joue les interfaces avec la résistance afghane. Mais son souci obsessionnel de la démystification l'oblige à relativiser. «Il ne faut pas diminuer le plaisir qu'on a à faire de l'espionnage. Il y a un thrill, un certain romantisme.» Déguisé en concierge ou en chargé d'affaires de l'ambassade, il ne croise pas Ben Laden. Mais il côtoie de près les moudjahidin. Or, ces «mecs avec qui on avait envie de boire des bières» n'ont rien de psychopathes sanguinaires. Médecine retrouvée, CIA quittée «en désaccord avec la politique en Amérique latine», ces «hommes ordinaires» ne le lâchent plus. Sa nouvelle vocation post-11 septembre s'impose : démystifier les terroristes, comprendre la violence à grande échelle. - Emmanuel Poncet, La terreur est humaine, Libértation ... link (0 comments) ... comment ... older stories
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![]() Das bin nicht ich. Das ist Bruno Kreisky. Ich für meinen Teil bin 28 Jahre alt und ein kurzsichtiger, wenig- und langsamlesender, aufmerksamkeits- und noch vielgestalt andersgestörter, ungeschickter, linkshändiger, unausdauernder, übergewichtiger, un-unaufgeregter und unkonzentrierter stummer Schwätzer ohne Führerschein (sowie ohne Ehrgeiz, Ziel im Leben, eigene Wohnung, geregeltes oder sonstwie geartetes Geschlechtsleben, usw …), dafür mit unregelmäßigem Bartwuchs und Stoffwechsel sowie dem starken Wunsch, Drängen und Verlangen, der bürgerlichen Gesellschaft doch noch ein Ende zu bereiten (warum dennoch der Sonnenkönig dort oben hängt, darf jeder für sich selbst ausknobeln). In Ermangelung eines besseren ist mein Lebensmotto ‹wenn schon, denn schon›, was angesichts meiner Defizite im menschlichen, zwischenmenschlichen und übermenschlichen Bereich niemanden wundert, der mich kennt. Ich weiß nicht, was ich mit diesem Blog eigentlich will, aber ich schreibe es mit kleineren und größeren Unterbrechungen doch schon seit 2715 Tagen, und so lange es mich noch freut, wird weitergeschrieben. Das letzte Mal hat es hier am 11.12.2011 um 23:33 irgendetwas neues gegeben. status
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